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dain70
57 ans
Vesoul

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VivianDarkbloom - Personnalité hors normes cherche personnalité hors normes pour Association de Malfaiteurs.
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  • Poids: Proportionnel
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À propos de VivianDarkbloom:

Jeudi 28 Aout.

Aujourd'hui, je suis soul, fiévreux, volatile, vaporeux. Mon univers : "Voilement et Impudeur. Suie et Asphyxie. Pureté et Porn-O-Graphie." Jubilation macabre d'un coeur qui, depuis des semaines déjà, ne demande plus qu'à s'arrêter. Courant d’air courant à l'aveugle dans les trous de l'air, je me suis faufilé au travers des nuages étalés sur les marbrures de la chaussée. Une bruine sans force stagne dans l’air gris et doux. "Un coup de vent un peu trop appuyé m’aurait sans doute éparpillé." Détruire, dit-elle. Avançant droit devant moi, vers la sauvage inconséquence de l’inconnu. Tout autour, balayée de bruine, Paris vaque au ralenti. Des parapluies criards. Des silhouettes détrempées. Des taches de couleur qui se délayent doucement sur le blanc sale du grand lavis. Deux doigts de pluie mouillent l’océan de mes larmes. A quoi pensais-je alors ? A toi… Au contact émollient de nos deux peaux… A l’étau brûlant de tes lèvres quand soudain se dérobe la pulpe furtive de ta langue rose… A la vie inerte et factice, noyée dans l’euphorie des songes… C’est un dédommagement misérable que cette faible bouche tendue, cette minute hâve et glacée, pour les siècles de marivaudage sans but qu’il me reste encore à affronter… Ce jour-là, ce jeudi matin là, vagabondant dans le nul-part des rues, écoutant mourir la partition asthmatique de mon pauvre cœur meurtri, je pensais peut être à la fin des siècles… Au sans-regret du vaste Oubli. Aux trompettes du dieu d’Abraham sous les murs de Jéricho. Au sommeil millénaire des âmes englouties sous les décombres d'Israël… A la petite musique des anges et au linceul des alluvions… Lorsqu’enfin je me suis réveillé, frissonnant et engourdi, au bord de l’épuisement, une pharmacienne en blouse ma tançait gravement par-dessus les verres myopes de ses énormes binocles. Mes cheveux dégoulinaient. Mes yeux aussi. Devant moi, sur un coin de comptoir, étaient empilées une dizaine de boîtes d’aspirine. La grosse femme, visiblement inquiète, a demandé si j’étais bien sûr d’en vouloir autant. J’ai souris faiblement. « Je vous demande pardon ? – Etes-vous certain d’avoir besoin de tant d’aspirine ? » Une infime hésitation sous le soleil de Satan. « Non. Enfin… Pas encore… » Et laissant la femme de l’apothicaire à ses vilaines médications, laissant le client soupçonneux à ses misérables ratiocinations, abandonnant la mort en boîte à ses boîtes de sapin blanc, j’ai tourné les talons.

Vendredi 29 Aout.

La vigie accrochée aux haubans du désir fait mon aubaine. Oui, l'aube fut tapissée de haine ; la jeune femme dont les bras se mêlaient aux rets des cordages n'est pas descendue.

350, trois cent cinquante - je compte et recompte avec la méticuleuse attention de ceux que le désespoir confine à la micropsychie - comprimés de propanolol 40mg, lègue vertigineux de mes salutaires économies quotidiennes [douloureuse prise de tête dans l'étau de Kant, Heidegger et de ces effroyables migraines], trésor de mort accumulé au fil des jours et des névralgies, soit, d'après mes calculs, et pour ce qui me reste de clairvoyance, près de 14 grammes de doux perce-coeur, de quoi figer à jamais les aiguilles indociles de la pendule même la plus opiniâtre... Mes bagages sont faites ; mes bagages sont vides. Un dernier délice : le cerne de l'ongle qui dégoupille l'opercule fragile et la mort blanche qui gicle soudain, crevant la pellicule d'aluminium... En même temps que le mixer broie la promesse de ma grande dérive, je relis la rugueuse cruauté de mon épitaphe : "La vie s’écoule doucement hors de moi. Les veines ouvertes aux quatre vents. La tête me tourne légèrement. Vous savez, la sensation est délicieuse. Une fièvre sans douleur, sans réticence, sans appréhension. A mesure que mon cœur ralentit, à mesure que la ouate de la grande dérive se met à recouvrir et à étouffer les chaos minables des luttes inutiles, j’apprécie un peu mieux certains détails rétrospectifs du séjour fortuit que je m’apprête à quitter. Évidemment, les teintes vives de la fin qui approche mélangées aux couleurs désormais un peu ternes de la vie remémorée peinent à rendre la douceur du supplice. Et pourtant, une fois la décision prise, tout paraît si calme. Le jour et la nuit se confondent l’un l’autre. L’amour et la haine aussi. Comme il est agréable de ne plus rien avoir à dire. Comme il est reposant de ne plus rien avoir à regretter. Tu me fuis, le sang me fuit, je me vide de toi. Et triste, au dessus de l’Arcase… Non, décidément, les plaines d’Arcadie ne sont pas faites pour les gens comme moi…. Mieux vaut ne pas s’entêter. Mieux vaut avoir le courage de déchirer la vie vierge en deux." Et pourtant, et pourtant... Et pourtant, convaincu qu'ils me ressusciteront, qu'ils n'auront pas pitié de mon calvaire, que leur amour si-veule-et-si-vil étayera ma souffrance, qu'ils me jetteront à l'asile de Ville-Evrard, parmi les indigents et les fous... Sur un site de rencontre anonyme, comme je goûte du bout d'un index tremblant la terreur délicieuse de la poudre blanche, "le lâche" lâche tout de même un dernier appât :

"Ecrivain, dramaturge et graphiste cryptique, disciple de Joyce, de Beckett et de Nabokov, styliste de l’excentricité et de élégance, en butte à toute forme de carcan normatif et aux consensus nauséeux de la société civile, avec, en sus, une prédilection assumée pour l’extravagance et la « political incorrecteness », je reste un partisan de l’insurrection permanente et du terrorisme artistique… Les frauduleuses figures du mimétisme ambiant et les fadaises des gens sans parti-pris m’écœurent ; débitrices de doxa s’abstenir ! Il me semble que ceux qui tournent sans relâche autour du pot feraient bien d’y poser leur séant et de lâcher enfin la bride à leurs muscles sphinctériens. Une délicieuse délivrance fécale ! Et en marge de la marge [balle au centre], quelques qualités/défauts [in]humains que je cèderais volontiers au plus-offrant : générosité, émotivité, curiosité [maladive], intégrité, franchise [une désarmante franchise – mon dieu, quelle plaie !] et tout le lamentable [fabuleux à qui sait apprécier, évidemment] attirail que traînent à leurs basques les hypersensibles et les écorchés-vifs, adeptes des fulgurations glandulaires et des épanchements impromptus… De quoi faire un amant ou un ami remarquable en tout cas... Quête de l’âme sœur ? Non merci, mon âme se porte à merveille et ma petite sœur également. Une « belle rencontre » [avec son lot d'énigmes, de jeux, d'érotisme, de fausses vraisemblances et de vrais faux-semblants] me suffira amplement…"

Et maintenant, advienne que pourra.


Jeudi 4 Septembre

"Trop beau pour mourir". Saint Pierre a rendu son verdict et foudroyé l'enclume de l'autel à la force de son maillet. Ce jour là, Saint Pierre exhibait la bouche édentée et les cheveux embrouillés d'une vieille femme qui avait comme moi les poignets lacérés... "Vous n'avez pas de miroir, chez vous, monsieur?" Devant son célèbre miroir, Lacan aimait à tirer le petit comédon jouissif de ses mille points noirs... Le narcissisme et l'amour propre constituent assurément les deux vertus cardinales qui font défaut à ceux que la mort n'aura pas eu le temps de convoquer : devançant l'appel et se rappropriant de force ce qui, "dans l'avenir, doit nous échoir, inéluctablement." Me revoilà donc errant parmi les miens, parmi les étrangers de mes familiarités coutumières, parmi les bêtes sauvages et arêtes acérées de la matière grise... "Cuistre, bouffon, clownesque", que l'on vous aime si mal en ce monde si bas et si las... Ma boîte aux lettres est vide, pas tout à fait vide. Mon coeur non plus. A mon profil, j'ajoute toutefois ceci :

"Comme dirait Marivaux, "on a toujours bien de peine à se louer soi-même..." et c'est donc un peu à contre-coeur que, dissimulé sous le masque d'une prose exagérément brutale, je signe ce profil. Ne point trop en dire afin que dans le magma du vague et de l'irrésolu, le mystère persiste... Je préfère abandonner le soin de l'attention et de la louange [soin redoutable] à ceux et à celles qui prendront le risque de me rencontrer. Bien à vous."

[Suite des journées sans suite]
Et depuis lors, depuis l'or, depuis l'aurore, mesdames messieurs, je vous attend... A bientôt.

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Derniers messages de VivianDarkbloom sur le forum:
L'entrevue de VivianDarkbloom
 
Que faites-vous dans la vie et qu'aimeriez-vous faire plus tard?
Ingénieur pour mettre non pas "du beurre dans les épinards" mais plus prosaïquement des épinards dans l'assiette... J'écris également des romans et des pièces de théâtre en attente de lecteurs.

Que préférez-vous chez un homme ou une femme?
L'extravagance... De solides connaissances en étymologie/grammaire/orthographe constituent un plus indéniable.

Qu'aimeriez-vous faire lors d'une toute première rencontre?
Un Cunnilingus... Avec deux doigts [sic] d'humour... Carte de fidélité délivrée sous réserve d'éligibilité de la personne aux conditions et critères spécifiés par l'organe-isthme [re-sic] émetteur...

Si vous deviez échouer sur une île déserte, quels sont les 3 objets que vous aimeriez avoir en votre possession?
Une femme [merci pour l'objet], une seconde femme et une troisième femme. Polygame et polyglotte par nature.

Quelles sont vos plus grandes qualités?
Mes yeux et mes mains [pianiste et photographe]. A la faconde des uns répond la sensualité des autres...

Quels sont vos pires défauts?
Mes intestins et mon estomac.

Quel est le message le plus drôle ou le plus étrange que vous ayez reçu sur internet?
Je n'ai pas l'habitude de recevoir des messages par Internet. Du reste la plupart des gens manquent d'originalité et d'humour.

Quel est le secret de votre beauté?
Mon patrimoine génétique. Nul artifice ne saurait contrefaire ou améliorer ce que la nature a fait. Pour l'ensemble de son oeuvre, qu'elle soit bénie.

Qu'aimez vous comme qualité ou atout chez un homme/une femme?
La vitalité.

Et la cuistrerie lorsqu'elle donne le bras à la dérision...

Que n'aimez-vous pas chez un homme/une femme?
Fadeur et banalité.

Quel est votre plus grand rêve?
J'ai le bon goût de ne pas rêver mais d'échafauder ce qui est ordinairement du ressort du rêve. Sur les canapés où "les songes en-deça de la conscience" d'ordinaire se répandent, moi j'aime à pratiquer d'autres exercices...

Mais s'il fallait vraiment s'allonger sur le tapis de fakir des songeurs de nuit, admettons qu'animer en saboteur la petite pâtisserie guillerette et crémeuse que constitue le mariage des époux-toujours-souriants-et-bientôt-divorcés-qui-viennent-de-recevoir[la-tête-courbée]le-châtiment-du-sacrement-éternel et placer la foule des heureux noceurs sous les coups de chevrotines de Throbbing Gristle, White House ou Vagina Dentata Organ ressort au phantasme d'un gamin un rien turbulent... Que ceux qui exhibent ostensiblement leur bien-être comprennent que la grande parade de leurs joies fait offense aux larmes des mal-vivants...

Qu'est-ce que l'amour pour vous?
Le plus grand instrument de "crétinisation" qui soit. Nul n'y échappe cependant.

Version alternative et pédantissime à l'usage du philosophe amateur : L'artifice par lequel l'esprit/langage croit pouvoir réinscrire la rationalité dans l'irrationalité du désir...

Si vous étiez président/premier-ministre de votre pays, que feriez vous?
Je réintroduirais le droit du cuissage. Quoique je n'ai personnellement aucune affection pour la virginité. Que les vendeuses d'hymens s'adressent aux briseurs de rêves...

Êtes-vous fan d'une quelconque vedette de musique, cinéma ou autre?
Je n'ai pas de culture d'auteur et la déférence ridicule du "fan" moyen me révulse. Mais il existe néanmoins quelques invariants, quelques passions inexpiables : Joyce, Nabokov, Greenaway et au registre des vedettes de cinéma, Géraldine Chaplin.

Qu'est-ce qui est le plus important pour vous dans la vie?
La responsabilité individuelle et le mépris des usurpations collectives.

Quel est votre animal favori?
La femme quand elle n'est pas "de compagnie".

Si vous pouviez partir demain pour n'importe quel endroit dans le monde, où iriez-vous et pourquoi?
Inutile de fuir : la fuite ne nous délivre pas de qui nous sommes.

Que faites-vous de vos temps libres?
J'écris ces livres merveilleux que les autres, c'est à dire les auteurs consacrés, en dépit de leur illégitime succès, ne semblent pas capable d'écrire. Et quand je n'écris pas, je fais l'amour...

Si vous gagniez un million à la lotterie, que feriez-vous avec vos gains?
Je fonderais une maison d'édition à l'adresse des génies oubliés. Qui n'en seraient pas moins oubliés, les sots...

Si on vous donnait la possibilité d'être qui vous voulez, qui choisiriez-vous et pourquoi?
Lee Harvey Oswald. Il y a d'autres personnes à assassiner que Kennedy !

Qu'aimeriez-vous dire aux personnes qui visitent votre profil?
Si la curiosité est un vilain défaut, soyez-donc de très vilaines filles ! J'ai la langue suffisamment bien pendue pour contenter tout à la fois les lectrices amatrices de "ceci" et les gla-moureuses friandes de "cela"... Avec un sourire généreusement provoquant, cela va de soi...

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